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Point limite zéro

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Comme s’il leur avait fallu à chacun deux ans pour digérer Easy Rider, Macadam à deux voies et Point limite zéro sortent la même année, 1971 (et quatre ans plus tard, Paul Bartel dynamite tout ça avec son excellente satire, La Course à la mort de l’an 2000, mais c’est une autre histoire). En 1971 donc, Richard Sarafian investit à son tour les routes américaines pour en souligner la longiligne torpeur, et leur capacité à incarner le mal-être de la génération post-Flower Power.

Son personnage principal – ne parlons pas de héros –, qu’on ne connaît que sous le nom de Kowalski, est un ancien flic sorti du sérail pour cause d’idéalisme. Son boulot ? Conduire des voitures d’un point A à un point B – cette fois, à travers tous les États-Unis. Mais le voyage ne sera pas sans heurts, à tel point que Kowalski va devenir, bien malgré lui, le porte-étendard de l’Amérique des laissés pour compte.

Sarafian filme le périple nihiliste de son personnage avec une attention toute particulière aux aspérités, aux filins que celui-ci tisse malgré lui – il est quasiment mutique, et n’a presque aucune interaction avec le monde extérieur –, à la façon dont sa course en avant va prendre, sans même le vouloir, des airs de croisade pour beaucoup. Kowalski n’est ni Dennis Hopper, ni Henry Fonda : il ne revendique rien, ne se sent investi de rien, sinon d’un mal de vivre incoercible, seul carburant d’un périple toujours plus absurde.

Et, lorsque les tréfonds hallucinés seront atteints, Richard Sarafian puise son inspiration directement chez Antonioni, outrepassant les limites formelles supposées de son genre d’élection. Inattendu, profond et jusqu’au-boutiste, Point limite zéro revient cette semaine sur les écrans – et toujours à Ciné Corner en DVD et BluRay.

By |lundi 25 avril 2016|Reprise|0 Comments

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