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10 ans déjà : juin 2006

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666 La Malédiction

La mode n’était pas encore aux remakes en série de séries B des années 1970-80, mais 666 la malédiction, venu ressusciter le triptyque de Damien l’antéchrist, constitue un précédent redoutable en ce qui concerne les erreurs à ne pas commettre – le plus redoutable restant le clin d’œil appuyé porté par Mia Farrow en nounou diabolique du petit antéchrist, lançant « j’aime bien les enfants ». Dix ans après, le sous-genre du remake a accouché du pire (Total Recall – mémoires programmées notamment) comme du plus honorable (The Thing ou Robocop).

5

Conversation(s) avec une femme

En ligne directe avec John Cassavetes, Hans Canosa nous propose avec Conversation(s) avec une femme (curieuse traduction inversée de Conversations with Other Women) une comédie de mœurs névrosée en split-screen où Helena Bonham-Carter et Aaron Eckhart revisitent les jeux de l’amour et du hasard. Alors au plus haut de leur carrière indé, les deux comédiens auraient pu capitaliser sur ce film à la proposition esthétique intéressante, mais il n’en aura pas été ainsi. Les deux sont aujourd’hui cantonnés à des rôles de genre souvent cabotins (la reine de Cœur des Alice de Disney pour la première, le rôle-titre du navet I, Frankenstein pour l’autre) et on n’a plus entendu parler d’Hans Canosa. Dommage, ses idées esthétiques sortaient du lot.

9

Bashing

Avec Bashing, le réalisateur japonais Masahiro Kobayashi annonce déjà l’esthétique de son magnum opus, The Rebirth, qui sortira en l’année suivante (et bien plus tard en France). Écriture de l’attente, du temps qui passe, de l’ennui comme matière d’expression cinématographique surtout, l’univers de Masahiro Kobayashi demande beaucoup à son auditoire, mais convoque des sentiments et des sensations à l’intensité fascinante.

Ultraviolet

Longtemps détenu par l’incroyable Beowulf avec Christophe Lambert, le titre est enlevé en cette année 2006 par cet incroyable Ultraviolet, condensé de tout ce qu’une technique d’incrustation informatique encore balbutiante pouvait permettre de kitsch et de grandiloquent. Le réalisateur Kurt Wimmer ne recule devant rien, des cascades martiales affreusement mal filmées aux péripéties scénaristiques monstrueuses. Dans le rôle de la super-héroïne aux prises avec le syndicat du crime des Blood Chinois (en français dans le texte), Mila Jovovich finit de descendre la pente bien savonneuse sur laquelle elle s’était engagée avec la saga Resident Evil. Elle non plus n’est plus sortie des enfers du bis.

7

Tideland

La folie créatrice des années 1980, de Brazil à Münchhausen, est déjà loin pour Terry Gilliam. Pourtant, l’univers du livre de Mitch Cullin correspond incroyablement bien à l’onirisme de bric et de broc de l’ancien Monty Python, et son adaptation de Tideland lui permet de beaux gestes cinématographiques. À lire l’œuvre originale, on se rend compte que l’adaptation en est très servile. Reste que Gilliam construit un univers aux couleurs chatoyantes, féeriques, qui cachent un côté sombre assez éprouvant chez lui, à la fois morbide et sexuellement sulfureux. Un peu oublié dans la filmographie de l’auteur de Fisher King, Tideland demeure l’un de ses films les plus artistiquement abouti : si on doit désormais se contenter de cochonneries façon Zero Theorem, on ferait bien de s’en souvenir.

6

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