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10 ans déjà : juillet 2006

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Le cinéma de genre a été rudement secoué par ce mois de juillet 2006 : d’une part, la France accouchait du duo Xavier Palud / David Moreau qui, avec Ils, fracassaient tout ce que le thriller d’invasion domestique avait fait jusqu’alors – et depuis ! D’autre part, les États-Unis nous donnaient le plus formidable film road-movie depuis les années 1970 : The Devil’s Reject, de Rob Zombie, ou une autopsie terrifiée de l’âme américaine profonde telle qu’on n’en avait pas vue depuis l’époque de Massacre à la tronçonneuse et de Point limite zéro.

Depuis, Zombie a rétrogradé, et s’est laissé aller à ses obsessions plus personnelles avec les très intimes Halloween II et The Lords of Salem, où transparaît son amour pour la folie visuelle de Ken Russell – un chemin certes irréprochable artistiquement parlant. Le duo Palud / Moreau s’est quant à lui séparé après un projet sans éclat aux États-Unis, le remake du coréen The Eye : le premier est parti faire l’un des pires thriller français vu ces dernières années, l’inepte À l’aveugle, et travaille aujourd’hui à la télévision. L’autre a changé de voie, avec la comédie 20 ans d’écart, et est retourné au fantastique avec Seuls, annoncé pour 2017. Dommage, on y croyait. Disons qu’on y croit encore.

Devil's Rejects

Le Danois Anders Thomas Jensen asseyait sa réputation de réalisateur brillant de comédie noire et politiquement très incorrecte, avec Adam’s Apple, où l’on trouvait un Mads Mikkelsen encore peu connu. Le temps a, avec lui, été plus clément, puisqu’il nous a régalé récemment d’un Men and Chicken entre Ionesco et Luc Moullet. Et là, ça valait le coup d’attendre.

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Enfin, le grand film oublié du mois de juillet 2006 est Tournage dans un jardin anglais (on peut légitimement s’interroger sur le rapport trouvé par les distributeurs français avec le Meurtre dans un jardin anglais de Greenaway, les costumes exceptés), adaptation d’une ambition folle du Tristram Shandy de Lawrence Sterne par Michael Winterbottom. Véhicule privilégié pour le duo comique Rob Brydon / Steve Coogan, ce Tristram Shandy est aussi un regard brillant sur la question de l’adaptation au cinéma : comme les meilleures d’entre elles (on pense notamment au regard formidablement intelligent de David Cronenberg sur Le Festin nu de Burroughs), il sait retirer la substance de l’œuvre originelle, et la rendre pertinente dans sa transposition cinématographique. D’une inventivité burlesque constante, Tournage dans un jardin anglais brille autant par son potentiel comique de premier degré que par son intelligence d’écriture et de forme cinématographique. Un classique, au sens propre, qu’on devrait étudier sous toutes les coutures.

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By |samedi 30 juillet 2016|Dix ans déjà|0 Comments

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