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Steven Spielberg l’oublié

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Peu de cinéastes se sont autant imposés comme le symbole du cinéma occidental que Steven Spielberg. Amuseur de génie, donnant ses lettres de noblesse à la série B dans ses premières années, puis auteur aux sujets plus graves par la suite, le créateur d’E.T. nous revient ces jours-ci avec l’adaptation de Roald Dahl, Le Bon Gros Géant – et comme l’auteur de Charlie et la chocolaterie, Spielberg semble vouloir faire de ce débonnaire Titan un de ses avatars, un colosse de cinéma bienveillant et fantasmagorique.

Dans le coffre au trésor de Steven Spielberg, se sont déposées au fil du temps quelques perles dont on ne se souvient plus guère aujourd’hui. Creusons un brin.

Always

Avec Always, Spielberg s’est offert le remake d’un film aujourd’hui bien méconnu, le Un nommé Joe de Victor Fleming. Avec cette romance très mélodramatique – on est bien loin du ton pétulant et un rien ironique d’Une question de vie ou de mort du duo Powell/Pressburger – Fleming donne la part belle à Spencer Tracy, auquel le film donne l’opportunité d’une composition chaleureuse et romanesque. Steven Spielberg, quant à lui, offre le premier rôle à Richard Dreyfuss – sans laisser vraiment de place à l’acteur. Saisissant la chance de renouer avec les splendeurs fantastiques et romanesques du cinéma hollywoodien classique – L’Aventure de Mme Muir, Le Portrait de Jennie, Pandora – Spielberg s’incarne lui-même dans son personnage, conscient que son univers à l’imaginaire chaleureux et rassurant colle formidablement bien à l’histoire autrefois mise en scène par Victor Fleming. Un peu éclipsé par ses réalisations plus sérieuses, Always apparaît frivole, mais il s’agit d’une pierre angulaire de la filmographie de Steven Spielberg, qu’on pourra préférer à ses productions les plus ambitieuses.

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La Mission

Partiellement à l’origine de la série télévisée Histoires fantastiques, Spielberg fait avec elle suite à la tradition bien ancrée dans l’univers télévisuel américain des téléfilms de luxe aux relents fantastiques : il se fait le successeur rêveur d’un Rod Serling bien plus âpre avec sa Quatrième Dimension. Le casting donne aujourd’hui le tournis : on trouve derrière la caméra, outre Spielberg lui-même, Danny Elfman, Joe Dante, Paul Bartel, Clint Eastwood, Bob Clark, Peter Hyams, Burt Reynolds, Martin Scorsese, Robert Zemeckis, Brad Bird…

Sa Mission porte la marque des plus jeunes années de Steven Spielberg, et de sa complicité féconde avec Joe Dante (qui aboutira notamment au formidable diptyque des Gremlins et au triomphe artistique de Dante dans La Quatrième Dimension – le film), avec l’histoire follement romanesque d’un soldat coincé dans un avion en perdition, qui tentera de trouver le salut dans ses talents de dessinateurs de cartoons.

Semble-t-il mineur, La Mission recèle pourtant tout ce qui provoque l’émotion chez Spielberg, à sa juste intensité – un sens de la mesure qui fera parfois défaut au cinéaste par la suite. Mélange formidablement harmonieux d’une écriture cinématographique brillante, d’une inventivité sans faille et d’une musique formidable, La Mission permet de retrouver le sous-estimé Kevin Costner et Kiefer Sutherland, dans ce qui demeure peut-être le plus précieux des trésors à redécouvrir dans la filmographie de Spielberg.

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By |vendredi 19 août 2016|Hollywood|0 Comments

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