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Laika : l’animation universelle

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Voilà quelques années maintenant que le très populaire studio issu de Lucasfilm, Pixar, vivote sur son excellente réputation : si le superbe Vice-Versa est à la hauteur des productions les plus populaires du studio, d’autres films déçoivent. Rebelle, Là-haut ou Le Voyage d’Arlo sont tout au plus des réussites en demi-teintes, et Cars 2, Monstres Academy, Le Voyage de Dory ne sont que de pâles resucées de films à succès. Toy Story 3 fait exception, comme si la saga vedette du studio devait toujours réussir à passer outre les pires écueils. On doit beaucoup à Pixar : avant toute chose, d’avoir su montrer à un public pour qui animation équivalait à production enfantine sans envergure, que l’émotion et l’exigence artistique pouvaient aller de pair, dans des productions qui s’adressent à tous les âges sans discrimination. Mais peut-être est-il temps de laisser la place à un nouveau venu.

Ayant fait leurs armes avec Tim Burton sur Les Noces funèbres, les membres du studio Laika se spécialisent dans l’animation en stop-motion, ou image-par-image. Leur univers si singulier prend véritablement corps avec l’étonnant Coraline (2009), adapté de Neil Gaiman par Henry Selick. Un univers à l’esthétique étrange, aux personnages aux physiques outrés, qui parviennent à merveille à rendre l’ambiance du conte noir d’origine. La réalité, si choquante qu’elle soit, est avérée : non seulement Pixar a montré que l’animation était à destination de tout un chacun, mais Laika prouve maintenant qu’elle peut s’adresser à un public uniquement adulte, et dans le cinéma de genre.

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Film d’horreur à part entière, proche de l’univers d’un Tim Burton à la Beetlejuice – mais plus sombre -, Coraline pose les bases. Vient à sa suite L’Étrange Pouvoir de Norman (2012), qui déjà brouille les pistes : se voulant un successeur uniquement horrifique, si l’on en croit la bande annonce qui capitalisait sans doute sur la réputation de Coraline, le film est surtout un plaidoyer pour le droit à la différence à la beauté graphique époustouflante, et au propos bouleversant – digne des meilleurs films du genre, tels que Frankenstein ou Edward aux mains d’argent.

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Les Boxtrolls (2014), persiste dans cette voie mais raconte un conte à la Dickens, ou l’étrangeté physique des personnages atteint son paroxysme : grotesque et truculent, les Boxtrolls convoque Rabelais sur grand écran, avec cependant une tendresse toujours renouvelée pour ses personnages.

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Cette année, enfin, le studio a sorti Kubo, récit à la beauté graphique sans précédent pour lui, et au ton inspiré de la mythologie japonaise. Pour la première fois, Laika délaisse la figure de l’innocent seul et en lutte pour des valeurs positives : cette fois, il s’agira aussi de s’interroger sur l’idée de la famille. C’est en cela, plus que de par ses prouesses graphiques, que le studio montre combien son propos a muri : à chaque film, son univers prend plus d’envergure. « Le film d’animation de l’année », nous serine-t-on sur l’affiche. Et pourquoi pas le film de l’année tout simplement ?

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