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10 ans déjà : octobre 2006

Bamako

Abderrahmane Sissako ne se presse pas : Bamako en 2006, Timbuktu en 2016 – avec à chaque fois un succès à la fois critique et populaire (et quelques courts métrages entre les deux tout de même).

En 2006, le réalisateur mauritanien s’interroge : comment expliquer l’apathie africaine quand il s’agit de réclamer ses droits ? En 2016, il est plus direct, moins théorique – la radicalisation politico-religieuse a fait son œuvre. En dix ans, le regard de Sissako a évolué, a pris la mesure du besoin d’immédiateté de l’auditoire – et son cinéma y a gagné en force.

Qu’importe le temps qu’il prend : un regard tel que celui d’Abderrahmane Sissako est précieux, et on ne peut qu’attendre son prochain film.

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Les Fils de l’homme

Régulièrement, la science-fiction se souvient de sa forme initiale, depuis les années 1930-50 : celle d’un récit dont le déplacement du réel permet la satire, la remise en question de la société – une recette toujours aussi efficace depuis Les Lettres persanes et Les États et Empires de la lune et du soleil.

Avec Les Fils de l’homme, Alfonso Cuarón donne pleinement dans le genre de la SF revendicative, miroir à peine déformant de notre société – à peine, parce qu’en dehors de la disparition de la fertilité humaine, le monde apocalyptique du film correspond bien au nôtre.

Depuis, Cuarón est resté dans la science-fiction, mais pour un film plus stérile, plus divertissant, plus marqué par son procédé technique : Gravity. Reste malgré tout le brio technique.

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U

Qu’est-ce que c’est que ce titre, U ? C’est le nom d’une fée voyez-vous, de celle qu’on invoque quand on a un gros chagrin : « uh-uh-uh-uh-uh… ». La fée U va aider la jeune Mona, solitaire jeune souris malmenée par des parents stricts, toute son enfance, jusqu’à l’arrivée des Ouais-ouais, une bande de saltimbanques propres à rien et évidemment fort sympathiques.

U ose beaucoup de choses : dissimuler ses thématiques les plus importantes derrière un propos en apparence badin, créer un univers aux teintes d’aquarelle, aux contours nébuleux, à la narration visuelle profondément libre. Le film de Serge Elissalde (avec l’auteur de livres pour enfants Grégoire Solotareff au scénario) brille par la créativité formidable qui s’en dégage – formellement, ou narrativement, quand il s’agit par exemple de parler de laisser aller ses rêves d’enfants, ou de rencontrer l’amour.

Proposition brillante et inédite dans le domaine de l’animation, U reste le legs de Serge Elissalde qui n’a plus œuvré dans les longs métrages depuis. Grégoire Solotareff nous a, quant à lui, offert un nouvel épisode de Loulou assez traditionnel. Qu’elle nous manque, la patte Elissalde !

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