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Dix ans déjà : novembre 2006

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The Host

Trois ans avant la sortie de The Host, le coréen Bong Joon-ho avait déjà frappé les esprits en France avec son polar sarcastique et mélancolique, Memories of Murder. L’univers du cinéaste confirmait avec ce retour inattendu au film de monstre sa propension à mettre en scène une humanité crédible, fragile, aussi grandiose que grotesque. Toujours avec l’omniprésent Song Kang-ho, The Host était aussi l’occasion de constater le talent du cinéaste pour le regard urbain, pour la perception aigüe de la réalité d’une ville, en l’occurrence Séoul.

En 2013, Bong Joon-ho marquera l’histoire de l’anticipation avec le formidable Transperceneige, conte noir et nihiliste – mais en passant, le cinéaste aura montré, avec son film le plus retenu, Mother, combien son regard sur les êtres humains peut être perçant, et bouleversant. Auteur d’une œuvre déjà passionnante, Bong Joon-ho ne cesse de surprendre. À suivre.

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Le Dahlia noir

« Ce qu’il y a de bien, avec Brian de Palma, c’est que même quand il donne dans le dernier mauvais goût, c’est tellement une part de lui que ça en devient bon. » Ainsi nous a-t-on, à Ciné Corner, défendu Brian de Palma – et il est vrai que Sisters, Blow Out, Pulsions, ou Phantom of the Paradise plaident pour cette interprétation. Dantesque, foisonnant, l’univers de De Palma colle comme une seconde peau à ses films, où l’obsession est omniprésente.

Et d’obsession, le Dahlia noir version James Ellroy n’en manque pas – d’autant que l’auteur y aura vu un écho du meurtre de sa propre mère. Pour autant, De Palma se fourvoie avec intensité dans la labyrinthique enquête couvrant le meurtre atroce d’Elizabeth Short, dit le Dahlia noir. Offrant un écrin clinquant au polar de James Ellroy, le film a pourtant tout de la coquille vide, annonçant une période plutôt creuse pour le réalisateur de L’Impasse. Si Redacted pouvait se targuer de rallumer la flamme, formellement parlant, Passion enfonce le clou d’un De Palma semblait appartenir définitivement au passé. Espérons, pour ceux qui y croient encore, que le thriller Lights Out à venir annonce le retour du réalisateur.

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Black Book

Retour à l’écran après sept ans d’absence, Black Book a pris les spectateurs français de court : un film historique, sans élément fantastique, de la part du réalisateur virtuose de Starship Troopers et Robocop ? C’est oublier que Verhoeven est aussi l’homme de La Chair et le Sang, Soldier of Orange ou Basic Instinct. Le style Verhoeven, fondamentalement, c’est d’allier un savoir-faire indéniable à la capacité à percevoir le point qui démange – et la force de ne pas hésiter à appuyer dessus. En résulte, avec Black Book, l’un des films les plus formidables consacrés à la Seconde Guerre mondiale, tout en nuances.

Dix ans plus tard, l’homme nous revient avec le projet le plus hexagonal de sa filmographie : Elle, avec Isabelle Huppert, qui ne dément guère le talent dérangeant de Verhoeven. Ça valait la peine d’attendre.

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