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Beauté de la beauté

kijuyoshida

En 1974, après 15 films en 15 ans, le réalisateur Kijû Yoshida va tenir à distance son cinéma et choisir de documenter son rapport à la peinture : cela va donner une œuvre pharaonique, répartie sur près de cent épisodes documentaires destinés à la télévision, dont ce coffret ne nous livre qu’une vingtaine.

S’éloignant un peu de l’exigence formelle qui est la sienne sur grand écran, Yoshida prend le temps d’une respiration picturale, contemplant avec patience cet autre art de la représentation qu’est la peinture, s’interrogeant sur sa place en tant que spectateur, sur la mise en scène à proprement parler de ces œuvres.

Entrent ainsi en ligne de compte la salle d’exposition, le musée la contenant, la ville même : l’âme de la peinture, attachée à son environnement autant qu’au ressenti de son auditoire. Car malgré le titre qu’il a choisi, Kijû Yoshida s’éloigne du concept absolu de la beauté : « ce qui est beau », dit-il, « ne l’est que dans la mesure où le spectateur de Beauté de la beauté le ressent comme tel ».

Prolongement du question esthétique central à toute la filmographie de Yoshida, Beauté de la beauté est aussi un florilège apaisé, tranquillisé de la sensibilité à fleur de peau de l’auteur du furieux Eros + Massacre, littéralement son chef-d’œuvre. Passionnante plongée dans le regard esthétique projeté vers l’ailleurs d’un cinéaste essentiellement formaliste, Beauté de la beauté est un angle de réflexion sur le cinéma et sur la représentation.

Beauté de la beauté est notre affaire du mois.

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