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6 films à déterrer pour Halloween

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Pourquoi six films me direz-vous ? Eh bien, 10, 7, 3, c’est trop commun, et six films d’une heure et demie, ça remplit pas mal une nuit entière. Voici donc quelques pépites ou étrangetés oubliées, à redécouvrir pour une soirée d’Halloween vraiment intense… On y est ? Vous avez débranché la sonnette et calfeutré la porte pour décourager les gamins en quête de caries ? On y va !

21h00 – Death Bed : the Bed that Eats

Ce qu’il y a de bien avec le fantastique et l’horreur, c’est que c’est sans doute le genre le plus apte à laisser libre cours à la créativité la plus délirante. Par exemple, louons le scénariste-réalisateur de Death Bed, George Barry, d’avoir osé son histoire d’un lit tueur qui digère lentement ses occupants. Car, il faut bien le dire, il s’agit de tirer fort sur la corde pour rendre « crédible » la liste toujours plus longue des victimes d’un lit posé là, certes accueillant mais tout de même assez peu mobile.

Là où le film vire au génie, et la raison pour laquelle il faut le déterrer, c’est le personnage du narrateur, enfermé dans une cellule creusé dans le mur de la chambre, prisonnier immortel derrière un tableau. Pourquoi ? Comment ? Peu importe ! L’idée est prodigieuse, propulsant le film dans le domaine du surréalisme, anoblissant le côté Z du film, attirant l’attention sur sa myriade de petites trouvailles narratives, qui font la qualité de cette étonnante pépite. On prend trois minutes pour se remettre (ce n’est pas de trop), et on passe à…

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En cas de rencontre sur le bon coin, passez votre chemin !

En cas de rencontre sur le bon coin, passez votre chemin !

22h20 – Le Commando des morts-vivants

Connu avant tout pour le potache Retour des morts-vivants 2, le réalisateur Ken Wiederhorn place 11 ans avant ses zombies sous le soleil écrasant d’une île tropicale – ses zombies nazis, il convient de le préciser. Autant le dire, à l’époque, on n’est pas là pour rigoler. Isolé dans une bâtisse de maître sur l’île, Peter Cushing règne en maître-savant fou sur sa population de soldats nazis sous-marins, qu’il peine pourtant à contenir : l’arrivée de jeunes gens mal inspirés va déclencher une nouvelle série de catastrophes.

Majoritairement diurne, Le Commando des morts-vivants prend des airs de mirage, écrasé de chaleur, se permettant des plans étonnants, comme ce bateau éventré, colossal, qui pourtant se maintient hors de l’eau. Le rythme lent est d’autant plus mortifère, et la composition de Peter Cushing est posée et aristocratique, donnant au film des airs de Désert des tartares de l’horreur. Plus qu’un énième film du genre, une véritable composition esthétique, soignée et impressionnante.

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Comme dirait le professeur Frank N. Furter : "another set of Jaws"...

Comme dirait le professeur Frank N. Furter : « another set of Jaws »…

23h45 – Hausu

On approche minuit, c’est l’heure de la maison hantée. Celle mise en scène par Nobuhiko Ôbayashi écrase facilement toutes ses congénères : réalisation hystérique, entre la bonne humeur d’un film de vacances et l’épouvante d’un train fantôme sans fin, aux couleurs explosives, aux trouvailles visuelles effroyables. La mythologie nippone fourmille, certes, en ectoplasmes divers aux formes des plus délirantes, mais Nobuhiko Ôbayashi pousse plus loin encore, faisant un usage effréné des couleurs et des effets spéciaux pour illustrer sa galerie de monstres.

Phénomène parfaitement singulier, même au Japon, Hausu se pose en contre-pied des très dignes, très atmosphériques films de fantômes « traditionnels » (Kuroneko, par exemple) en proposant une mise en scène météorique, destructrice, une accélération ininterrompue dans le burlesque horrifiant. Unique en son genre, Hausu est une expérience inoubliable.

Allez, dix minutes de pause pour refaire une fournée de pop-corn.

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GNAP !

GNAP !

1h50 – Le Sous-Sol de la peur

Tout le monde était bien triste de la mort de Wes Craven, il y a de cela quelques semaines : tous de citer les Freddy, Scream, peut-être La Colline a des yeux… Et c’est tout. Parmi les oubliés, Le Sous-Sol de la peur est sans doute celui qui mérite le plus qu’on le ramène sous les feux de la rampe. Formidable utilisation de son lieu labyrinthique par Wes Craven, Le Sous-Sol de la peur enfouit littéralement dans les fondations des pavillons de la classe moyenne américaine les racines de l’horreur.

Avec son couple de tarés bon teint qui emprisonne dans son sous-sol des enfants enlevés alentour, Le Sous-Sol de la peur cristallise les obsessions de Craven, en premier celle de débusquer la monstruosité tapie derrière les visages bien propres d’une Amérique rêvée façon Life. Implacablement construit, Le Sous-Sol de la peur abandonne vite ses allures de téléfilm des années 1990 pour construire un univers claustrophobique, au sous-texte social fort (le titre original, The People under the Stairs, ferait-il écho au magnifique People of the Abyss de Jack London ?). Un grand film qu’il faut réhabiliter, aux côtés de injustement méconnue Emprise des ténèbres.

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La sale gueule de la bourgeoisie par Wes Craven

3h40 – Spider Baby

De tous les films présentés ici, Spider Baby est sans doute le plus injustement méconnu : réalisé en 1967 par Jack Hill (l’homme de Coffy et Foxy Brown), le film met en scène Lon Chaney Jr., probablement plus marquant ici que dans son Loup-Garou de l’Universal, où il tient difficilement la comparaison face à Claude Rains.

Le film se déroule loin des routes de l’Amérique profonde, dans une vieille bâtisse où survit une humanité dérangée et baroque, que des voyageurs de passage auront la mauvaise idée de déranger. Baroque, parce qu’irrégulier et chaotique, Spider Baby précède beaucoup des films de l’ « Amérique dérangée », celle de Tobe Hooper ou de Rob Zombie. Ne se prenant jamais au sérieux, le film cite régulièrement des influences qui relèvent plus de l’amour du genre, que des citations lourdes façon Tarantino.

Malgré sa légèreté, le film demeure un véritable film d’horreur, prenant le spectateur en tenaille entre le rire et l’épouvante. Avec une mise en scène brillante, Spider Baby construit son univers de cirque des monstres avec finesse, s’enfonçant toujours plus loin dans les ténèbres sans que l’auditoire ne s’en rende compte. Un véritable manifeste pour l’horreur à l’américaine, celle qui, de Jeepers Creepers à Massacre à la tronçonneuse, a peur de ses routes trop longues et de ses espaces trop grands.

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Family is everything

Family is everything

5h30 – Schizophrenia

On oublie bien vite, à l’ère des sacs de bonbons et des déguisements Harry Potter et Iron Man, qu’Halloween fut un temps Samhain, la solennelle fête des morts de la culture gaélique, un moment de l’année où on ne plaisantait pas avec la peur. Finissons donc la nuit avec, en guise d’aube blafarde, un film véritablement éprouvant : le Schizophrenia de Gerald Kargl.

Un homme décide un jour de s’introduire dans la maison d’une famille, dont il va brutaliser et massacrer les membres. Voilà pour le scénario entier de Schizophrenia. Avec une direction artistique et une mise en scène particulièrement froides, Gerald Kargl abat l’illusion de la sécurité domestique, lâche son prédateur aux trousses d’une famille sans beaucoup à se reprocher, les met à bas, les achève. Point.

Cela peut rappeler à certains les Funny Games, de Michael Haneke – c’est sans doute parce que les fausses audaces de l’Autrichien doivent beaucoup au cinéma d’épouvante, et particulièrement à ce film, qui le précède en tout. Exemplaire de froideur terrible, Schizophrenia est un film aujourd’hui encore très inconfortable, une œuvre grisâtre qui plonge sans timidité dans les plus terribles tréfonds de l’âme humaine – comme Spider Baby ou Le Sous-Sol de la peur ci-dessus. Mais Gerald Kargl n’a pas le sens du Grand-Guignol de Jack Hill et de Wes Craven : point de grotesque, point de burlesque ricanant – juste l’horreur la plus froide et la plus terrible.

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